10 choses à savoir quand on est soignant.e en santé mentale
- Moryotis
- 23 oct. 2024
- 2 min de lecture

10 trucs que j’aimerais que les soignant.e.s sachent à propos de la santé mentale.
La santé mentale, et à plus forte raison la psychiatrie est une affaire de soignant.e, au moins en partie. Je ne suis pas radicalement contre cette idée, je suis moi-même un soignant et j’ai la faiblesse de croire que je peux servir aux usagers et aux usagères du système de soins.
Néanmoins, être soignant.e. ne signifie pas détenir la Vérité, ni même la réalité. Il y a des choses que moi-même j’aurais aimé découvrir beaucoup plus tôt.
Alors puisque j’entends encore trop de vérités fausses, dites de manières péremptoires de la part des soignant.e.s, j’ai décidé, moi aussi, de dire mes 4 vérités (elles sont 10).
les patients sont parfois fous, mais ils ne sont pas cons : arrêter de les considérer ou de leur parler comme tel.
La scission entre névrose et psychose, c’est une fable. La névrose n’existe pas.
Lorsque l’on trouve un traitement médicamenteux efficace, ainsi que des interventions supports pertinentes (psychothérapie, accompagnement au rétablissement), les personnes souffrant de schizophrénie peuvent avoir des vrais effets “awakening”.
En d’autres termes : ils vivent de manière parfaitement fonctionnelle.
Arrêter de juger les patient.e.s qui arrêtent les traitements : quand on prend 30 kilos en 6 mois, qu’on ne fait que dormir et qu’on n’a plus de libido, forcément on arrête, c’est humain.
Arrêter de critiquer les gens parce qu’ils consomment de la drogue : la drogue est pour eux une solution à un ou des problèmes. Aidez-les à trouver des stratégies dérivatives plutôt que d’utiliser des moyens coercitifs.
Corréler la parole du patient à des tests cannabis pour voir s’il dit la vérité, ça ne sert à rien : une personne peut très bien vous dire qu’elle n’a pas fumée du cannabis depuis une semaine et être positive au test urinaire cannabis 72h : chez les très gros consommateurs, le test peut encore être positif plusieurs semaines.
Comme je suis plutôt du genre pénible à vouloir penser à la place du patient, je me force à poser en début de consultation une seule question :
“qu’est ce que je peux faire pour vous ?”, et ensuite, je me force encore plus à me taire pendant au moins 5 minutes (effets sur l’alliance thérapeutique garantie !).
On avance avec les objectifs du patient, pas les siens.
La seule différence entre un patient et le soignant, c’est que l’un est du bon côté de la blouse, et l’autre non.
Les gens qui travaillent en psychiatrie sont dans la majorité des personnes qui ont envie d’améliorer la condition de vie des usagers, mais elles n’ont pas les bonnes informations (problème de diffusion des connaissances).
Julien Martinez
Infirmier en pratique avancée mention psychiatrie santé mentale
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